NON,.. le département de Mayotte ne sera pas sacrifié aux Comores.. pour du Gaz Offshore !..

    .. Gaz offshore !..

Le département de Mayotte ne sera pas sacrifié aux Comores pour du Gaz !

Depuis plusieurs mois, Paris négocie avec Moroni un nouvel accord bilatéral dont l’objet sera l’afflux migratoire qui asphyxie le département de Mayotte. Les déclarations grandiloquentes comoriennes sont devenues un chantage migratoire, les Comores choisissant de coloniser l’île en envoyant sa population s’installer à Mayotte pour en réclamer la souveraineté.

La découverte de Gaz change tout. 

 «Les Comoriens ne seront jamais illégaux à Mayotte ! »: voilà la gifle monumentale envoyée à la France dans les colonnes du Figaro du 16 Novembre 2018 par le président Azali quelques après son accueil triomphal à Paris. Il est vrai que l’Elysée et le Quai d’Orsay savent soigner leur précieux allié comorien: accolade présidentielle, tribune d’honneur sur les Champs Elysées pour le 11 Novembre sans oublier une participation inattendue au Forum pour la Paix ayant tiré sur sa population quelques semaines auparavant à Anjouan, envoyé l’armée se battre en centre ville, enfermé ses opposants et les journalistes, réécrit la constitution pour mieux s’ancrer au pouvoirAzali pouvait en effet se permettre de donner au monde quelques leçons sur la paix et la stabilité. 

Il s’y connaît. Telles de jeunes gymnastes pré-pubères médaillées olympiques, nos diplomates français font preuve envers le président Azali de la plus grande souplesse morale, se permettant des grand écarts exceptionnels entre le discours des valeurs, des grands principes de Liberté, d’Egalité, de Fraternité; et la réalité de leur mise en œuvre.  

 .. depuis 1841 (avant Nice, l’Alsace ou la Lorraine)

Finalement, cette élasticité de notre diplomatie serait sinistrement risible si elle restait sans conséquence pour le 101ème département de Mayotte et ses ressortissants français. Ce confetti tricolore de l’Océan Indien, 375 km2 français depuis 1841 (avant Nice, l’Alsace ou la Lorraine) et qui ne cessent d’être l’objet de toutes les convoitises comoriennes…

Qu’importe la volonté maintes fois exprimée par les urnes des Mahoraises et les Mahorais de rester Français, Moroni revendique Mayotte à l’ONUAzali rentre d’ailleurs de Moscou et Beijing avec leur soutien dans cette revendication.

Et ce, dans l’indifférence totale (voire avec la complicité) de Paris qui s’apprête à signer un nouvel accord bilatéral (cf. déclaration officielle ci dessous) avec les Comores et à les récompenser avec 150 millions d’Euros d’aide bilatérale aux frais du contribuable français.

Nos impôts financent donc les Comores alors que Mayotte subit depuis 20 ans maintenant la conquête par le peuplement comorien.

Nos impôts financent Moroni qui envoie quotidiennement ses migrants débarquer sur notre île au point qu’aujourd’hui la moitié de la population à Mayotte est comorienne et en majeure partie en situation illégale. Immédiatement, cette description de tsunami migratoire vous renvoie aux délires lepénistes et ceux de Donald Trump, à ce vomi populiste qui transforme injustement les migrants en causes de tous les maux…

Notre réalité à Mayotte est pourtant radicalement plus réelle et plus grave: si l’on transpose notre cas à l’échelle de la métropole, il y aurait 33 millions d’étrangers en France dont plus de 10 millions de clandestins, qui réclament la souveraineté sur l’Hexagone !

Imaginez le chef de leur état venu à Paris, accueilli avec un tapis rouge par notre gouvernement après avoir refusé pendant plus de 7 mois de reprendre ses concitoyens expulsés et payé avec une augmentation de l’aide bilatérale et notre soutien auprès du FMI, de l’Union Européenne et de la Banque Mondiale…  Voilà l’impensable scénario, la trahison scandaleuse qui se noue actuellement entre la France et les Comores sur le dos de Mayotte française.

    .. l’exploitation du Gaz

D’aucuns crient à l’incompétence des hauts fonctionnaires, à la lâcheté ou l’incurie si répandues dans ces sphères qu’elles en deviendraient excusables… C’est que le contrôle de la Zone Economique Exclusive avec ses faramineux droits de pêche chiffrés à quelques milliards d’euros ou la perspective de l’exploitation du Gaz (le contrat d’exploration vient d’être octroyé à Tullow Oil, l’exploitation à Exxon Mobile aux Comores) qui gît sous ces eaux territoriales disputées  du Canal de Mozambique sont évidemment totalement étrangers à ces génuflexions parisiennes.

Aucun de nos chers diplomates ne laisserait passer les intérêts de ces ressortissants français de Mayotte, noirs, musulmans et souvent pauvres, après l’accès négocié aux monstrueuses réserves en  hydrocarbures, n’est-ce pas ?

Pure coïncidence d’ailleurs que le décret d’application publié en mars 2018 de la loi interdisant l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole en France fait exception en Guyane et …à Mayotte !  

Le 12 Décembre 2018, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Nationale tenait une audition pour rendre compte de la mission parlementaire partie aux Comores en octobre.

Vraisemblablement envoyées pour cautionner l’augmentation de l’aide bilatérale, nos députées reviennent ébahies par le niveau de corruption et d’incompétence, de mauvaise gouvernance aux Comores.

Pendant plus de deux heures, nos élues décrivent par le menu un état gangréné au plus haut niveau et politiquement instable avec un pouvoir en voie de dictaturisationcourtisé par la Chine et sous influence de l’Arabie Saoudite, avec des institutions-coquilles-vides, une population en voie de radicalisation religieuse.

Cette audition est une mine d’informations sur les enjeux dans notre région, sur les incohérences et les inepties de notre diplomatie mais elle est aussi truffée de lapsus répétés des parlementaires confondant le département français de Mayotte et les Comores indépendantes… 

     ..un pouvoir en voie de dictaturisation, courtisé par la Chine et sous influence de l’Arabie Saoudite…

Et les élues de s’interroger:  » Comment aider les Comores s’ils ne s’aident pas eux-mêmes ? «  en rapportant leur échange avec tel élu comorien déplorant l’absence de médecins alors que sa propre épouse docteure travaille en France. Une autre députée décrit les travaux somptuaires dans un bâtiment public en parfait état (« C’est évidemment de la corruption !.. « ) alors qu’il n’y a pas l’eau courante dans un établissement hospitalier flambant neuf et totalement vide… et de se désoler de constater que les Comores n’ont aucune activité économique solide si ce n’est d’attendre l’argent envoyé par la diaspora basée en France, qu’un hôtel pourvoyeur de dizaines d’emplois (mais construit par les Qatariens) a été détruit à coups de bulldozers par les autorités pour plaire au soutien saoudien…

Nos parlementaires sont en effet forts inquiets de cette influence « perverse » saoudienne (pourtant allié de Paris, cherchez l’erreur !), de la radicalisation évidente de l’archipel et du risque terroriste.

Mais ils sont plus alarmés encore de cette Chine qui livre des routes, des véhicules (et des armes?) au régime d’Azali, inquiets de Beijing qui propose son aide agricole et sa manne financière, offrant une alternative au tête à tête franco-comorien.

La gabegie, la prédation en cours aux Comores sont tels que l’Agence Française de Développement, l’Union européenne et la Banque Mondiale ont été bien en difficulté pour décaisser l’aide prévue pour ce pays. Les partenaires comoriens n’ont pas su donner le change: les projets étaient mal ficelés, les mécanisme de vérification minimale absents et les garanties basiques de bonne gestion complètement oubliés.

Obnubilés par la guerre d’influence régionale, nos parlementaires en viennent à s’interroger sur la pertinence d’appliquer les conditionnalités  pour l’aide française aux Comores. Comprendre qu’il faut peut être fermer les yeux voire nourrir la corruption comorienne pour que Paris continue à dominer l’archipel…

   Estelle Youssouffa

Ou comment nourrir les problèmes qui nous empoisonnent, c’est à dire donner plus de raisons encore aux comoriens qui fuient la misère chez eux et viennent grossir les rangs des bidonvilles de Mayotte. La logique (ou son absence) impose donc d’aider encore davantage Moroni sous couvert de coopération régionale.

Sans que l’on se demande pourquoi le Quai d’Orsay insiste autant à lier le destin de Mayotte à ce pays-désastre. 

Comment justifier d’utiliser nos impôts pour aider un pays notoirement corrompu, désorganisé et abandonné par ses propres élites alors que l’argent manque et que Mayotte a besoin d’investissements massifs ? 

La France étant ce qu’elle est et notre bon sens de sans-culottes révolutionnaires poussant les gueux dans les rues pour secouer nos élus, le Grand Débat National annoncé par le président Macron offre l’occasion à l’Etat de faire preuve de transparence. 

Nous attendons avec impatience que l’on démonte cette analyse paranoïaque en consultant la population mahoraise avant la signature imminente de ce nouvel accord bilatéral France-Comores et que l’on publie en amont l’intégralité du contenu de ce document qui concerne Mayotte au premier chef.

Alors, Mayotte pourra croire que la France n’est pas entrain de la vendre à une puissance hostile sous couvert de coopération régionale et de lutte contre l’immigration clandestine massive avec 6 ou 8 malheureuses vedettes pneumatiques pour la gendarmerie nautique.  

 

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Estelle Youssouffa
le 03 Janvier 2019 

MEDIAPART

SIGNEZ LA PÉTITION ICI…

E_mail: contact@francemayotte.fr

 

NOTES

Paris, le 6 novembre 2018

Déclaration conjointe de M. Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, et de M. Mohamed El-Amine SOUEF, ministre comorien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

« Pour une nouvelle dynamique de Partenariat »

Attachées à la densité et à la qualité des liens qui les unissent, la France et les Comores, souhaitent travailler conjointement à l’amélioration durable des conditions de vie et de la sécurité des ressortissants de leurs deux pays, faciliter des migrations légales et maîtrisées, lutter contre les trafics d’êtres humains et traiter les causes profondes des migrations qui affectent les équilibres économiques et sociaux de la région.

Des décisions et des engagements réciproques en matière de lutte contre les mouvements de populations non maitrisés et de sauvegarde des vies humaines en mer, ainsi qu’en matière de développement, accompagneront ultérieurement dans la durée la levée ce jour des mesures prises par les Comores par arrêté et note circulaire du 21 mars 2018 sur les réadmissions et des mesures prises par la France par décision interministérielle du 29 mars 2018 et du 4 mai 2018 sur les visas.

La France et les Comores tiennent à affirmer leur volonté d’engager, ensemble, une nouvelle dynamique de partenariat.

Afin d’atteindre cet objectif, à l’issue d’un dialogue régulier et nourri, et en concertation avec les élus mahorais, les autorités françaises et comoriennes sont convenues :

1) d’engager des actions en faveur de la sécurité maritime et la sauvegarde des vies humaines en mer en luttant contre les trafiquants d’êtres humains entre les îles de l’archipel et en apportant aux garde-côtes comoriens un appui matériel et humain notamment à travers des actions de formation ;

2) d’œuvrer en faveur d’une gestion concertée et rationnelle de la circulation des personnes et d’un contrôle des mouvements de population non-maîtrisés entre les différentes îles, et de convenir d’un cadre propice à une circulation régulière des personnes en toute sécurité ;

3) de relancer, sur de nouvelles bases et selon des modalités adaptées, la coopération bilatérale entre la France et les Comores avec un projet ambitieux de développement axé, entre autres, sur la formation et l’insertion professionnelle des jeunes, l’éducation, l’emploi, l’agriculture et la santé ;

4) de signer dans ce dernier domaine un accord intergouvernemental permettant une refonte de la coopération sanitaire sur la base des travaux menés par la mission de Mme Voynet et de Monsieur Renouf, mandatée par le Premier ministre français ;

5) de mettre en place un Comité de pilotage franco-comorien de haut-niveau auquel seront associés des élus mahorais afin d’assurer le suivi de l’ensemble de ces engagements.

Ces différentes mesures seront détaillées dans un document-cadre signé par les deux États avant la fin du mois de novembre 2018.

 

 

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L’AUTEUR

ESTELLE YOUSSOUFFA

Journaliste indépendante, consultante en Affaires Internationales. Mayotte dans le sang, rahachiriste et afroptimiste convaincue. 
France

 

28 pensées sur “NON,.. le département de Mayotte ne sera pas sacrifié aux Comores.. pour du Gaz Offshore !..

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